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La disparition

Ce matin votre voiture a disparu du parking. *pffffuit*, plus rien. :wassat: A la place, juste un PV, qui traîne par terre. Ce qui se passe, c’est que l’on vient de vous retirer votre voiture pour 1 an, assorti d’une amende de 1500€, et interdiction d’acheter une nouvelle voiture pendant l’année d’interdiction. :shock: Cependant, vous continuerez à rembourser le crédit auto, ou payer les mensualités si cette voiture était une location. « Pourquoi moi ? ». Il se trouve qu’un employé d’une association qui lutte contre la vitesse au volant a signalé votre plaque d’immatriculation à la Haute Autorité Contre la Vitesse au Volant, pour excès de vitesse répétés.

Vous aviez pourtant eu un premier avertissement : un papier glissé sous le rétroviseur expliquant que rouler trop vite c’est pas bien. Vous l’avez peut-être pas lu, en vous disant « encore une pub ». Vous vous rappelez quand même avoir reçu un courrier recommandé il y a quelques mois, qui disait que les associations de lutte contre la vitesse au volant vous avaient vu rouler trop vite et qu’il faudrait éviter tout excès de vitesse sous peine de se voir retirer sa voiture. Vous vous étiez promis de lever le pied. :angel: Sauf que maintenant, plus de voiture, et pour toute la famille en plus. :cry: Votre époux(se) et vos enfants qui pourtant ont leur permis n’ont plus de voiture non plus, ni le droit d’en avoir une. :dizzy:

Alors vous voulez contester la condamnation. :angry: Comme on ne peut pas prouver que vous étiez au volant, la justice vous accorde le bénéfice du doute : OK ce n’était pas vous. Mais c’était votre plaque d’immatriculation. Donc, on vous colle une amende pour « non-sécurisation de votre voiture ». :blink: En gros, si on vous a « emprunté » votre voiture pour faire un excès de vitesse, c’est que vous aviez dû mal la verrouiller ou que vous n’avez pas acheté le modèle d’alarme officiel labellisé par l’état (ah ben oui, il n’existe que pour les Renault, fallait pas acheter coréen). En passant, si nos assureurs appliquaient la logique du législateur, ils ne rembourseraient jamais aucun vol ni cambriolage… :roll: Donc, si vous voulez récupérer votre voiture, il faut contester devant un juge. Le recours n’étant pas suspensif, vous irez au tribunal en bus ou à vélo. :dizzy:

Maintenant, le plus dur reste à faire : prouver votre innocence.  :pinch: Prouver que ce n’était pas votre voiture qui roulait il y a trois mois, trop vite, sur une départementale interdite. Malheureusement, n’importe qui peut accrocher votre plaque sur sa voiture, et la vitesse a été mesurée au pifomètre par un employé de l’association de lutte contre la vitesse. Alors bonne chance, et bienvenue dans le monde de l’HADOPI… :ninja:

En passant, petite suggestion aux maisons de disques : si quelqu’un laisse un commentaire désagréable du genre « cet album est naze :sick:  » sur internet à propos de l’un de vos produits, récoltez son adresse IP, la date et l’heure du commentaire et envoyez le tout à l’HADOPI, assorti d’une liste de 3 000 téléchargements illégaux choisis au hasard dans votre catalogue. :devil: Le gêneur ou la gêneuse sera interdit d’internet pendant une durée pouvant aller jusqu’à un an, :face: ce qui vous laissera le temps de faire la promotion de votre produit plus sereinement… sauf si votre cible trouve un moyen de prouver son innocence; mais je vois pas comment ça serait possible. C’est pas beau, ça ?

J’ai testé un BarCamp

Je suis allé au 17ème BarCamp parisien, sur le thème  « OpenWeb + Cloud + Geo + Social ». C’était à la fois un sujet que je suis de près et l’occasion de découvrir un BarCamp…

Pour résumer, je dirais que la philosophie est qu’un BarCamp est à une conférence ce qu’un wiki est à un site web. Comparons avec une conférence traditionnelle : liste d’orateurs et sujets déterminée, auditoire attentif, mais dont la participation se limite aux questions-réponses de clôture après chaque présentation.  Le BarCamp se veut participatif : chacun se présente rapidement, lance des mots-clés, et on essaie sur tableau blanc de constituer des groupes de travail ad-hoc autour d’un thème (démo, présentation, atelier, session de programmation).

Bon, ce que je constate c’est que même si la conférence s’auto-organise librement, ce sont les têtes d’affiche (évangélistes auprès des développeurs pour les APIs de google et de Mozilla par exemple), dont la présence avait attiré les foules, qui ont fait leurs présentations… certes de façon informelle, sans transparents, en face à face. Je suis un peu resté sur ma faim, car en allant à une conférence sur un sujet que l’on suit de près, eh bien on risque de s’ennuyer… Les sessions d’introduction à GWT ce n’était pas la peine, et la séance d’autocongratulation autour de FireFox son XUL m’a lassé. Je n’ai pas vu la suite, j’ai préféré passer ma soirée en famille qu’à partager des pizzas avec des hackeurs fous. Allez savoir, j’ai peut-être raté le meilleur moment… Il s’agit effectivement d’un évènement principalement social.

Le passage qui m’a intéressé était une table ronde autour d’un sujet que je ne connaissais pas : FOAF+SSL. Ça m’a rappelé l’époque ou je starteupais dans le web-sémantique… Habile transition : ma conclusion perso est que ce genre d’évènements est intéressant quand on est entrepreneur et que l’on veut réseauter, ou bien un développeur qui veut s’initier simplement à des nouvelles technologies. Sinon… je garde un faible pour les conférences avec de sympathiques papiers à lire et relire. Par exemple, tout de même, les PLoP, c’est quand même du bon stimulant neuronal !

The Fool on the Hill : prédictions 2009

Hello Goodbye

La tendance en ce début d’année me semble être à la frilosité, au gel de toute forme d’investissement. On fait le dos rond pour passer la crise, même quand ses propres indicateurs sont au vert. Par exemple, prenez google, pour changer ;-) , cette entreprise se porte plutôt bien, et pourtant ça commence à dégraisser : après lively, c’est au tour de Notebook et plusieurs autres projets de passer à la trappe.

J’en déduis :idea: crise :arrow: réduction des coûts, gel de tout investissement :arrow: retour aux mauvaises habitudes quick-and-dirty :arrow: mauvaise qualité de code.

Il va falloir, avec une réduction du budget, faire aussi bien… or, en informatique non plus il n’y a pas de magie. Les DSI vont devoir continuer à faire évoluer les systèmes, et ça se fera, comme d’habitude, en sacrifiant la qualité. On alimente ainsi une sorte de dette de maintenabilité, on vit d’une certaine manière au détriment des développement futurs. Par exemple je crois que Flex va continuer sa progression et que Flex augmente la productivité immédiate pour faire très vite des clients web sexy. Mon opinion est que Flex reste une solution qui n’encourage en rien le développement maintenable à  l’échelle du gros projet, ne serait-ce que le language actionscript. Malheureusement, la techno diamétralement opposée (non-sexytude, non-démo-immédiate, maintenabilité-nickel), soit GWT, me semble trouver peiner à trouver sa place en entreprise.

Pour résumer : les écrans sexy maintenant, et pour plus tard le développement durable (c-à-d. industrialisé et maintenable).

Lucy in the sky with diamonds

Comment réduire les coûts ? On pourrait penser qu’un élément de réponse est dans ce qu’on appelle le « cloud computing ». Pour résumer le « cloud computing » c’est de faire héberger des applications dans le nuage, vous savez, le reste du monde, le truc que l’on dessine pour figurer internet sur le diagramme qui représente votre réseau :

cloud

Rappelez-vous du slogan de Sun à une époque, « the network is the computer ». On est dans la continuité, on dirait maintenant « the internet is the computer ».

L’idée sous-jacente est que votre métier n’est (probablement) pas de faire tourner des serveurs. Alors, plutôt que de gérer des salles machines, confiez-les à ceux qui ont 1) le savoir-faire et 2) les économies d’échelle.
Citons le fondateur d’Amazon, Jeff Bezos : « We launched our Web services [...]; it’s the equivalent of creating an electric grid, but for computing. Recently, I went to Luxembourg and visited a 300-year-old brewery. It had this gigantic relic of a generator from when it had to make its own electricity. As soon as they could buy off-grid, they did. Making their own electricity didn’t make their beer taste better. It’s the same for running your own data center ». En passant, si vous pensez qu’Amazon est seulement une boutique de vente de livres en ligne, ce n’est plus du tout le cas. Entre autres innovations, Amazon se positionne à travers S3 et EC2 comme un acteur majeur du cloud computing. Disons, qu’au moins cette fois-ci il y a innovation, rappelez-vous de l’affaire du brevet « 1-click » ! :x

Vous voyez le topo. Tout ceci concerne en premier lieu la réduction de coûts, pas vraiment l’apport de fonctionnalités nouvelles. Autre conséquence d’un gel des investissements, on ne fera pas l’investissement de passer ses applications sur le cloud : c’est une lourde ré-ingénierie, pour l’instant non maîtrisée.

J’ajoute donc :idea: passer sur le cloud demande investissement initial :arrow: « le cloud, oui, mais pas cette année » :arrow: désenchantement généralisé et chute du « hype » autour cloud computing. Si j’osais, je dirais sale temps pour le cloud, ha ha ;-) .

Pour toute innovation, il existerait une courbe de ‘hype’ qui serait toujours peu ou prou la même : découverte, attentes déraisonables, désenchantement et finalement compréhension puis productivité. Si vous prenez la courbe publiée par le Gartner de cet été, le cloud computing serait encore avant le « pic d’attentes exagérées ». Et bien ma prédiction est que le cloud va amorcer très vite, dès cette année, la chute des espérances qui se trouve de l’autre côté de l’à-pic. L’avenir (proche) est sombre notamment pour Amazon EC2+S3 justement. En effet, ces technos sont un formidable tremplin à startups, en fournissant un réel service d’élimination de la barrière à l’entrée d’une infrastructure web scalable. Les success-stories d’Amazon sont pour beaucoup des startups qui offrent des SaaS sur le web. Malheureusement, en cette période de crise, les startups explosent au décollage. Et les grands comptes gèlent veille et investissement. Amazon risque d’avoir du mal à atteindre son public et se constituer une clientèle. Même constat pour Google Apps Engine.

Bref, y’en a qui vont un peu trop vite en besogne.

Back in the USSR

Retour aux fondamentaux de la première bulle internet. Hé oui, 1998~2000 : « détourner la page d’accueil vers mon portail pour y afficher de la pub ». C’est devenu en 2008~2010 : « détourner les recherches vers mon moteur pour y afficher de la pub ». Exemple qui m’a frappé récemment : afin d’effectuer un dépannage familial à distance j’installe le tout dernier MSN Messenger Live. A ma grande stupéfaction ça me change mon moteur de recherche dans mozilla ! 8O Sans me demander mon avis, alors que, franchement, ça n’a rien à voir, utiliser un pager et mes recherches internet. C’est un peu comme si je prenais une carte orange et qu’en vertu d’accord RATP-TF1 ma télé se mettait à remplacer mes chaines favorites par TF1 et TF6 ! J’étais furieux : mon ordinateur m’appartient ! :x Winamp : pareil, j’installe un logiciel pour écouter de la musique et ça me propose un moteur de recherche winamp.com dans mozilla. Bref, plus ça va plus j’ai l’impression en installant un logiciel d’avoir un invité indélicat qui mets les pieds sur la table, le bordel dans mes affaires bien rangées (par exemple « Mes Documents », vas-y, fais comme chez toi), et fouille dans mes affaires… Il faudra établir une déontologie ou un label indépendant de non-malware sinon bientôt votre navigateur internet ressemblera à ça :

moteurs

Non, quand une boite ayant pignon sur rue comme Microsoft fait du malware de façon aussi grossière, c’est que quelque chose va très mal quelque part.

Bref, :idea: retour aux fondamentaux.

En parlant de Microsoft, lot de consolation pour eux, en vertu de tout ce qui précède, pas besoin de se presser pour sortir son office-en-ligne-concurrent-de-google-docs… c’est pas encore le moment de tuer la poule aux œufs d’or Office…

Et pour finir, :D je vous souhaite une bonne année 2009 !

Le jeu d’aventure n’est pas mort

Il n’est pas trop tard pour noël…

Pour celui-ci, faudra attendre noël 2009 ou 2010, mais je pense que ça vaut le coup d’attendre…

En passant, si vous aussi vous aimez le point & click, ScummVM est en train d’ajouter le support de Bud Tucker. Alors, préparez le CD