Citations

Loading Quotes...

Google Chrome OS : le cloud sans filet

broken hard disks

Google l’avait annoncé et le voici : le système d’exploitation basé sur son navigateur open-source chrome. Plutôt destiné aux netbooks, il est pensé pour les utilisateurs qui n’allument leur ordinateur que pour lire leurs mail et trainer sur facebook, c’est-à-dire qui n’ont souvent besoin que d’un navigateur ouvert en plein écran. Google Chrome OS leur propose un délai de quelques secondes seulement entre le bouton marche et le navigateur sur internet. Il fonctionne sans stocker de données sur l’appareil : applications et données sont manipulées directement sur internet. Par exemple, il s’agit d’utiliser un document en ligne google docs au lieu d’utiliser traitement de texte et document stockés par l’appareil. On pourrait dire que google pousse la molette de réglage local<->cloud à 11.

Jamais sans mon disque dur

J’imagine l’intérêt pour les utilisateurs ainsi que pour les vendeurs de logiciel (qui verront enfin leur vieux rêve de location de leurs logiciels – donc zéro piratage – enfin réalisé). L’erreur, à mon humble avis, serait dans l’approche « Toutes vos données sont sur le cloud. Toutes ? Toutes ! ». Je veux bien que les données soient hébergées en ligne mais il faut quand même un disque dur ou un quelconque moyen de conserver une copie personnelle (ou d’entreprise) des données. C’est l’exacte symétrique de la recommandation de faire un backup en ligne à ceux qui gardent tout sur leur disque dur… Je n’écris pas ça par conservatisme, je n’ai pas peur du cloud, tout comme on peut être fana d’escalade et recommander le mousqueton.

Pourquoi conserver une copie sur disque dur ?

  1. Pour avoir une copie de sauvegarde, à un prix comparable aux services de sauvegarde les plus abordables. Avec un avantage colossal : le temps d’accès. C’est en essayant de m’imaginer en train d’essayer de retélécharger 18Go d’album photo (eh oui, vive le reflex numérique) depuis mozy.com -l’envoi de DVD est un service lourdement facturé- que j’ai décidé de conserver un miroir sur disque dur à la cave.
  2. Pour conserver la propriété et la jouissance de mes œuvres. Si l’on est dans un système de location, le loueur peut disparaitre, faire faillite, changer ses tarifs, ses prestations, vous mettre sur la liste des pays subissant l’embargo américain, effacer vos données à distance (comme amazon sur son lecteur d’ebooks), la liste des ennuis potentiels est infinie… Quand je prends une photo, développe un logiciel ou rédige un document, je veux pouvoir y avoir accès indéfiniment. Cela veut également dire qu’il faut être vigilant quant au format d’exportation que proposent les suites logicielles en “cloud” : il faut pouvoir obtenir un backup lisible sur le long terme (dans un format ouvert et de préférence non-propriétaire).
  3. Pour avoir accès à mes documents sans réseau. Quel que soit votre FAI, vous aurez des coupures ; vous partirez peut-être en congés sans clé 3G ; vous serez peut-être victime des dommages collatéraux de l’HADOPI… Bref, sans réseau point de données. L’idéal est de disposer d’un mécanisme de synchronisation capable de gérer efficacement les connexions intermittentes. La technologie Google Gears (tiens donc) permet d’ores et déjà de le faire pour certaines applications. HTML5 promet de généraliser cette fonction entre autres capacités utiles au cloudapps.

La CloudBackupBox

Je vous propose donc la CloudBackupBox : un boitier silencieux autour d’un gros disque dur et d’une connexion réseau, qui se connecte régulièrement à tous les services cloud que j’utilise et qui synchronise toutes mes données sans intervention manuelle. On peut imaginer une prise USB qui permet de se brancher physiquement pour configurer l’appareil ou bien travailler sur les données stockées sur le disque dur : mode hors-ligne ou restauration de sauvegarde. Ajoutez à cela un mode sécurité qui demande un code PIN pour s’allumer et crypte toutes les données sur le disque dur, afin qu’un cambrioleur ou autre indélicat ne puisse pas lire le contenu du disque. Il ne me reste plus qu’à déposer le brevet. Ah flûte, trop tard ! Je n’aurais pas dû en décrire le principe ici, ça doit compter comme prior art


Crédit photo : purplemattfish Certains droits réservés (licence  Creative Commons)

La disparition

Ce matin votre voiture a disparu du parking. *pffffuit*, plus rien. :wassat: A la place, juste un PV, qui traîne par terre. Ce qui se passe, c’est que l’on vient de vous retirer votre voiture pour 1 an, assorti d’une amende de 1500€, et interdiction d’acheter une nouvelle voiture pendant l’année d’interdiction. :shock: Cependant, vous continuerez à rembourser le crédit auto, ou payer les mensualités si cette voiture était une location. « Pourquoi moi ? ». Il se trouve qu’un employé d’une association qui lutte contre la vitesse au volant a signalé votre plaque d’immatriculation à la Haute Autorité Contre la Vitesse au Volant, pour excès de vitesse répétés.

Vous aviez pourtant eu un premier avertissement : un papier glissé sous le rétroviseur expliquant que rouler trop vite c’est pas bien. Vous l’avez peut-être pas lu, en vous disant « encore une pub ». Vous vous rappelez quand même avoir reçu un courrier recommandé il y a quelques mois, qui disait que les associations de lutte contre la vitesse au volant vous avaient vu rouler trop vite et qu’il faudrait éviter tout excès de vitesse sous peine de se voir retirer sa voiture. Vous vous étiez promis de lever le pied. :angel: Sauf que maintenant, plus de voiture, et pour toute la famille en plus. :cry: Votre époux(se) et vos enfants qui pourtant ont leur permis n’ont plus de voiture non plus, ni le droit d’en avoir une. :dizzy:

Alors vous voulez contester la condamnation. :angry: Comme on ne peut pas prouver que vous étiez au volant, la justice vous accorde le bénéfice du doute : OK ce n’était pas vous. Mais c’était votre plaque d’immatriculation. Donc, on vous colle une amende pour « non-sécurisation de votre voiture ». :blink: En gros, si on vous a « emprunté » votre voiture pour faire un excès de vitesse, c’est que vous aviez dû mal la verrouiller ou que vous n’avez pas acheté le modèle d’alarme officiel labellisé par l’état (ah ben oui, il n’existe que pour les Renault, fallait pas acheter coréen). En passant, si nos assureurs appliquaient la logique du législateur, ils ne rembourseraient jamais aucun vol ni cambriolage… :roll: Donc, si vous voulez récupérer votre voiture, il faut contester devant un juge. Le recours n’étant pas suspensif, vous irez au tribunal en bus ou à vélo. :dizzy:

Maintenant, le plus dur reste à faire : prouver votre innocence.  :pinch: Prouver que ce n’était pas votre voiture qui roulait il y a trois mois, trop vite, sur une départementale interdite. Malheureusement, n’importe qui peut accrocher votre plaque sur sa voiture, et la vitesse a été mesurée au pifomètre par un employé de l’association de lutte contre la vitesse. Alors bonne chance, et bienvenue dans le monde de l’HADOPI… :ninja:

En passant, petite suggestion aux maisons de disques : si quelqu’un laisse un commentaire désagréable du genre « cet album est naze :sick:  » sur internet à propos de l’un de vos produits, récoltez son adresse IP, la date et l’heure du commentaire et envoyez le tout à l’HADOPI, assorti d’une liste de 3 000 téléchargements illégaux choisis au hasard dans votre catalogue. :devil: Le gêneur ou la gêneuse sera interdit d’internet pendant une durée pouvant aller jusqu’à un an, :face: ce qui vous laissera le temps de faire la promotion de votre produit plus sereinement… sauf si votre cible trouve un moyen de prouver son innocence; mais je vois pas comment ça serait possible. C’est pas beau, ça ?

J’ai testé un BarCamp

Je suis allé au 17ème BarCamp parisien, sur le thème  « OpenWeb + Cloud + Geo + Social ». C’était à la fois un sujet que je suis de près et l’occasion de découvrir un BarCamp…

Pour résumer, je dirais que la philosophie est qu’un BarCamp est à une conférence ce qu’un wiki est à un site web. Comparons avec une conférence traditionnelle : liste d’orateurs et sujets déterminée, auditoire attentif, mais dont la participation se limite aux questions-réponses de clôture après chaque présentation.  Le BarCamp se veut participatif : chacun se présente rapidement, lance des mots-clés, et on essaie sur tableau blanc de constituer des groupes de travail ad-hoc autour d’un thème (démo, présentation, atelier, session de programmation).

Bon, ce que je constate c’est que même si la conférence s’auto-organise librement, ce sont les têtes d’affiche (évangélistes auprès des développeurs pour les APIs de google et de Mozilla par exemple), dont la présence avait attiré les foules, qui ont fait leurs présentations… certes de façon informelle, sans transparents, en face à face. Je suis un peu resté sur ma faim, car en allant à une conférence sur un sujet que l’on suit de près, eh bien on risque de s’ennuyer… Les sessions d’introduction à GWT ce n’était pas la peine, et la séance d’autocongratulation autour de FireFox son XUL m’a lassé. Je n’ai pas vu la suite, j’ai préféré passer ma soirée en famille qu’à partager des pizzas avec des hackeurs fous. Allez savoir, j’ai peut-être raté le meilleur moment… Il s’agit effectivement d’un évènement principalement social.

Le passage qui m’a intéressé était une table ronde autour d’un sujet que je ne connaissais pas : FOAF+SSL. Ça m’a rappelé l’époque ou je starteupais dans le web-sémantique… Habile transition : ma conclusion perso est que ce genre d’évènements est intéressant quand on est entrepreneur et que l’on veut réseauter, ou bien un développeur qui veut s’initier simplement à des nouvelles technologies. Sinon… je garde un faible pour les conférences avec de sympathiques papiers à lire et relire. Par exemple, tout de même, les PLoP, c’est quand même du bon stimulant neuronal !

Espérer le comportement ‘A’ tout en récompensant ‘B’

Du management…

Un collègue m’a récemment envoyé un papier de Steven Kerr  »On the folly of rewarding A, while hoping for B« . Il montre que très souvent le discours officiel d’une organisation est de vouloir un comportement, tout en mettant en place un système de récompense/punition qui dans les faits pousse les gens à un comportement tout autre, voire opposé. :roll: Par exemple on demande à un joueur de sport collectif d’avoir « l’esprit d’équipe » et pourtant on ne félicite que les actions individuelles. D’ailleurs, on ne résume un match de football que par les noms des buteurs. Ainsi, agacé qu’un joueur fasse trop de passes à l’adversaire, un entraineur sanctionne chaque passe ratée ; au match suivant personne ne fait plus aucune passe et le jeu est bloqué. :pinch:

Exemple parfait de contre-productivité : une clinique veut réduire le nombre de décès. On met donc en place une prime qui doit récompenser le chirurgien qui a moins de X décès dans le mois sur le billard. Que va-t-il se passer ? On peut parier que dans les mois suivants tous les chirurgiens vont toucher la prime… En effet, dès qu’ils s’approchent du quota fatidique, ils repoussent toutes leurs opérations délicates au mois suivant ! Du coup les gens décèdent dans leur lit en attendant l’opération, mais ça n’est pas le problème du médecin. Tout le monde touche sa prime, cependant le nombre de décès global de la clinique augmente…

Cette théorie semble être un grand classique du management (le papier remonte à 1975) mais je n’en avais jamais entendu parler. Et quand je l’ai lu j’ai eu une illumination. Tenez, imaginez que vous vous tenez sur une grande étendue de sable, une sorte de drap rouge à la main ; vous le secouez un peu en vous demandant pourquoi vous avez ça à la main :wassat: , quand vous entendez un bruit de sabots tagadam-tagadam dans votre dos :unsure: et *vlan* :pinch:

… au génie logiciel.

J’ai compris beaucoup de choses sur le projet de développement en lisant cela.  Finalement, qu’est-ce que l’on demande aux développeurs ? Comportement ‘A’ : « Produire du code de qualité, maintenable par autrui ». Qu’est-ce que l’on récompense ? Les délais de livraison : comportement ‘B’. Je n’ai jamais vu un développeur se faire sanctionner pour du code mal écrit, non commenté ou conçu de traviole. Par contre, prenez du retard sur le développement, vous allez vous faire enguirlander et vous devrez rester tard tous les soirs pour faire bonne figure. Donc, si vous avez envie d’une vie de famille ou de loisirs : bâclez votre code. :devil: Ne commentez surtout pas, et ne testez que si l’on vous le demande. De toute façon c’est votre successeur qui sera pénalisé par le code non-maintenable ; c’est lui qui ratera ses deadlines :D *niark niak niak niak* (<- rire façon méchant dans James Bond).

Rendre ‘A’ inévitable, récompenser  ‘B’

On va pas chasser le naturel, alors on va biaiser un peu. Continuez à récompenser les délais (‘B’), mais considérez ‘A’ comme acquis. Il faut intégrer le contrôle qualité continu et automatisé à tout environement de développement. Il doit être impossible de réussir un « build » (et donc de livrer) si l’artefact en question ne respecte pas tous les standards en vigueur. J’ajouterai même une revue obligatoire de tout code, du stagiaire au chef de projet, avant de pouvoir placer le post-it dans la colonne « fait » du tableau blanc. Passez par la colonne « en revue », ne touchez pas vingt-mille francs. Enfin pas tout de suite… Soyons fous, récompensons la qualité :alien: .

PS: merci à Majirus pour l’article